Gilberte : la mamie-gâteau de Bourdeaux et ses ravioles radioactives

Ce n’est pas la première fois que Gilberte passe à la télévision. En 2014 elle a déjà reçu « Les carnets de Julie » pour présenter ses ravioles du Dauphiné. Aujourd’hui, Gilberte est devenue une star médiatique du Périmètre à Accès Réservé ou Interdit (PARI), la zone interdite entourant la centrale du Tricastin.

Gilberte habite à Bourdeaux, ville exposée à de conséquentes radiations dans les premiers jours suivant l’explosion du Tricastin du 8 juillet 2018. Elle est d’abord évacuée sur Lyon : « C’est mon voisin qui m’a évacuée. Il m’a ramenée à Lyon : apparemment ça n’était pas une bonne idée car les gendarmes nous ont arrêtés avant la métropole. Les voitures auraient transporté les radiations ».

 

Ensuite, elle s’est installée en banlieue lyonnaise, chez son fils, Jacques.

Puis elle a décidé de rentrer chez elle, de revenir là où les autorités ont pourtant conseillé de ne pas aller.

À 78 ans, elle s’est inspirée des babouchkas de Tchernobyl, revenues vivre dans la zone interdite. “J’ai connu la guerre, et puis il paraît que les radiations ne sont plus si importantes que ça désormais”. Depuis, Gilberte a repris son activité gastronomique : « Les journalistes arrivent nombreux : ils veulent savoir ce que « ça fait ». Je leur réponds que ça fait des ravioles. Deux amies m’ont rejoint depuis. Bientôt, on aura de quoi faire une belote. Avec l’exode rural, le village était pas bien rempli mais tout de même… On n’a plus le Vival, alors ma fille me descend les courses de Savoie. Quand je lui ai dit que je revenais, son visage s’est crispé comme si elle avait vu le Saint-Esprit ».

 

Les télévisions passent la voir fréquemment. Ils veulent savoir comment va la pétillante mamie qui n’a pas abandonné, qui, comme Naoto Matsumura, défie l’atome.

« Quand j’étais jeune, je rêvais de passer à la télé. On peut dire que j’ai trouvé la notoriété sur le tard ! [rires] Au moins je suis sûre ne ne plus jamais repasser dans les Carnets de Julie. »

Bertrand Renoir
Chargé de couvrir TRICASTIN2018 par l'agence B.I.E.N. Responsable éditorial du service TRICASTIN2018.

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