Les nouvelles vacances des Français

La vallée de Joux est un mélange harmonieux entre les pointes acérées des Alpes et les forêts vallonnées du Morvan. Dans cet écrin de verdure helvète, où paissent les vaches et vivent de nombreux paysans/affineurs de gruyère, on trouve cette année un nombre inhabituel de touristes. Ces derniers résident à Mouthe, Sarrageois, Gellin, du côté français de la frontière. Ils profitent cependant des paysages magnifiques du canton de Vaud et du relief propice aux activités sportives : la Côte d’Azur n’est pas en vogue cette année suite à l’explosion du réacteur n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin.

 

Marie Jeanneret pensait bientôt devoir arrêter son activité. Saisonnière, elle travaillait l’hiver en tant que monitrice dans les stations environnantes, et l’été dans son auberge où elle accueille les randonneurs. Ces derniers étaient de moins en moins nombreux, la crise économique ayant réduit le budget vacances des Français.

 

« Et puis il y a eu l’accident. Personne ne viendra en vacances à nouveau, ai-je pensé. En fait, dès l’été 2018, mon auberge était à nouveau remplie. Le département a été touché par le nuage, mais moins que les Alpes et le Sud. Du coup, les randonneurs ont changé leurs plans et sont venus ici. On n’est pas loin du canton de Vaud : ici, c’est une station nature. »

 

L’affluence a rapidement été si importante que notre hôte a refuser des réservations.

Gilles et Catherine, deux Lillois, avaient pour habitude de partir en vacances en Camargue. Cette année, ils ont choisi Sarrageois :

 

« Nos enfants sont grands. Ils ne partent plus avec nous : on a hésité à prendre le risque… Finalement on a décidé d’attendre encore un an avant de retourner dans le Sud : c’est trop contaminé là-bas, et avec la fermeture de l’A7 c’est l’enfer pour descendre sur la côte. On est donc venu ici. »

 

Une seule inquiétude taraude encore Marie, dont l’activité vient juste de repartir.

 

« Les centrales de Fessenheim et du Bugey sont respectivement à 200 et 140 kilomètres d’ici à vol d’oiseau. On sait que les régions montagneuses sont plus sensibles aux radiations, et que les carences en iode des populations amènent un plus grand nombre de cancers…

Ces deux centrales me font désormais extrêmement peur… ».

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